Napoléon, l’esclavage et les chiens « mangeurs de nègres »

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Napoléon, l’esclavage et les chiens « mangeurs de nègres »
A l’approche du bicentenaire de la mort de l’Empereur et d’une exposition à La Villette, à Paris, le débat monte sur l’opportunité d’une commémoration. En cause, notamment, le fait que Bonaparte ait rétabli l’esclavage, la police des Noirs et l’interdiction des mariages mixtes.

« Je suis pour les Blancs, parce que je suis blanc, je n’ai pas d’autre raison, et celle-là est la bonne. Comment a-t-on pu accorder la liberté à des Africains, à des hommes qui n’avaient aucune civilisation, qui ne savaient pas seulement […] ce qu’était la France ? » Voilà ce que Bonaparte déclarait au Conseil d’Etat, peu après le coup d’Etat du 18 Brumaire, en 1799. L’homme qui a rétabli l’esclavage en 1802 était convaincu que la grandeur de la France ne pouvait se concevoir sans ses colonies et donc, ses esclaves.
Pour lui, en abolissant l’esclavage en 1794, les révolutionnaires avaient fait une grosse bêtise. « Croyez-vous que si la majorité de la Convention avait su ce qu’elle faisait, et connu les colonies, elle eût donné la liberté aux Noirs ? Non sans doute. » Plus tard, exilé à Sainte-Hélène, l’Empereur déchu incriminera les « criailleries » du milieu des planteurs pour expliquer sa décision de rétablir l’esclavage. Il était proche du milieu des Blancs créoles par son mariage avec Joséphine de Beauharnais, fille de riches planteurs, mais « aucune archive ne donne le début d’un indice sur l’influence de son épouse », relève l’historien Philippe Girard.
Peut-on encore commémorer Napoléon ?
C’est en effet Napoléon qui décide d’envoyer une expédition militaire à Saint-Domingue pour mater la révolte des esclaves. Il en confie les rênes à un très proche : le général Leclerc, l’époux de sa sœur chérie Pauline. Sa lettre de mission est claire :
« « Dès l’instant que les Noirs seront désarmés et les principaux généraux envoyés en France, vous aurez plus fait pour le commerce et pour la civilisation de l’Europe que l’on n’a fait dans les campagnes les plus brillantes […] Défaites-nous de ces Africains dorés et il ne nous restera plus rien à désirer. » »
Napoléon met tous les Noirs dans le même panier : ceux qui combattent sous les ordres de Toussaint Louverture, mais aussi les officiers de couleur qui servent le drapeau français et participent à l’expédition, comme Jean-Baptiste Belley, premier député noir de la Convention. « La division destinée pour Saint-Domingue ne doit être commandée que par des officiers blancs, stipule un ordre officiel. Il y a dans celle-ci beaucoup d’officiers noirs ou mulâtres. Tout est perdu s’ils partent. On veut s’en débarrasser mais ce ne doit pas être en les envoyant à Saint-Domingue. »
Très vite, les militaires de couleur, qu’ils soient prisonniers ou officiers, sont envoyés à Brest, sans distinction, direction l’exil ou le bagne. Jean-Baptiste Belley mourra ainsi déporté à Belle-Ile-en-Mer, oublié de tous, alors qu’il affirme jusqu’au bout sa fidélité au drapeau. « Il n’est pas le seul. Tous les députés noirs de la Convention, qui étaient des militaires, ont eu un destin tragique, déportés, emprisonnés ou exécutés, explique l’historien Bernard Gainot. Sous Napoléon, les officiers de couleur ont été mis de côté, parfois parqués dans des dépôts coloniaux. Systématiquement discriminés. Le chevalier de Saint-Georges [militaire et musicien noir, NDLR] ne sera jamais réemployé. Idem pour le général Dumas, qui proposera ses services en vain jusqu’à la fin de sa vie. »
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Oublié, l’universalisme des Lumières. Napoléon remet en place la police des Noirs, ferme le territoire français aux gens de couleur et promulgue à nouveau l’interdiction des mariages mixtes. Alors qu’il y en a eu un dans la famille Beauharnais. Marie-Françoise, cousine de l’impératrice, s’est mariée avec Charles-Guillaume Castaing, un mulâtre. Ce cousin par alliance, Napoléon l’appellera toujours « le nègre ». Le couple est relégué dans la Meuse, loin de la cour. Napoléon, raciste ? « Le mot est anachronique. Mais c’est vrai que ses décisions, d’un point de vue politique, sont contre-productives », souligne Gainot. C’est en effet l’un des officiers humiliés, Louis Delgrès, qui prend la tête de la révolte des esclaves en Guadeloupe en 1802. Une insurrection matée dans le sang par le général Richepanse. La rue qui portait son nom à Paris fut débaptisée en 2001, après la loi Taubira, pour prendre le nom du chevalier de Saint-Georges.

Des bouledogues chasseurs d’hommes

A Saint-Domingue, la situation est encore plus explosive depuis que la nouvelle du rétablissement de l’esclavage est connue. Leclerc succombe à la fièvre jaune. C’est le général Donatien de Rochambeau qui prend sa suite en 1803. Sa mission : pas de quartier ! Il débarque à Saint Domingue avec des armes, des hommes et surtout… des chiens venus de Cuba, dressés pour capturer des esclaves et pour manger la chair humaine des insurgés. En avril 1803, il écrit :
« « Je vous envoie, mon cher commandant, un détachement de la garde nationale du Cap. Il est suivi de vingt-huit chiens bouledogues. Ces renforts vous mettront à même de terminer entièrement vos opérations. Je ne dois pas vous laisser ignorer qu’il ne vous sera passé en compte ni ration, ni dépense pour la nourriture de ces chiens. Vous devez leur donner à manger des nègres. » »
Rochambeau fait jeûner les chiens et les exhibe lors d’exécutions de prisonniers où, au son d’une fanfare militaire, ils dévorent leurs proies humaines. Il les déploie aussi dans des opérations de guérilla pour tenter de retrouver les insurgés qui se cachent dans les forêts. Mais l’objectif premier est d’effrayer les rebelles. « Les chiens éprouveront une telle terreur à ces brigands, qu’étant sans espoir de nous échapper, ils se rendront à discrétion », explique un militaire. C’est pour la même raison que Rochambeau renoue avec des méthodes d’exécution moyenâgeuses, comme le bûcher ou la crucifixion.

Le contraire se produit pourtant. Les exactions de l’armée napoléonienne plombent le moral des troupes et unifient les insurgés. Leur chef Jean-Jacques Dessalines expliqua ainsi qu’il avait quitté l’armée française parce que ses collègues « furent noyés, exposés aux gibets ou dévorés par ces animaux », tandis qu’un autre rebelle écrit son horreur face à « ces chiens dressés à boire du sang humain », qui « ont mangé deux ou trois de nos frères chaque jour ».
Napoléon a en tout cas accordé toute sa confiance à Rochambeau et ses chiens cannibales :
« « Je veux directement vous assurer de l’entière confiance que le Gouvernement a en vous, et de son approbation des mesures de rigueur que les circonstances vous obligent ou vous obligeraient de déployer. […] Il est probable que, quand vous aurez reçu cette lettre, la Légion d’honneur sera organisée. Vous y serez placé au rang des grands officiers. » »
En novembre 1803, Rochambeau est défait à Vertières. Saint-Domingue est définitivement perdu, synonyme de l’un des plus grands désastres militaires de l’ère napoléonienne. L’île indépendante se rebaptise Haïti. Aujourd’hui encore, les fameux chiens mangeurs d’hommes sont restés au cœur de la mémoire collective. Le chien restant associé à l’autorité brute, comme le témoigne cette chanson : « On ne peut résister à la force/Déteste le chien/Mais dis-lui que ses dents sont blanches. »

LA LIGUE DE DE DÉFENSE NOIRE AFRICAINE

La mémoire est très importante et la souffrance des Noirs n’est pas assez prise en compte. Si la présence des statues des anciens négriers ,la commémoration des personnages responsables de crime contre l’humanité sur le peuple noirs’ s’explique par une volonté de préserver l’historie comme nous faire croire la propagande de certains politiques et historiens. Alors pourquoi il n’ya t-il pas de statues et de commémoration des génocidaires tels que l’ignoble Hitler ou Pétain ? Ils font pourtant malheureusement partie de l’histoire.

C’EST POURQUOI :
Nous, la Ligue de Défense Noire Africaine (LDNA), posons le constat que si la Gaule et les Gaulois ne sont plus, la France existe. Et la France a légalisé, par le Code Noir de 1685, les pires tortures sur 20 générations d’hommes et de femmes, spoliés de leurs libertés, de leurs familles, de leurs enfants, et de tout salaire pendant 400 ans ! De plus, ni ces hommes, ni ces femmes, ni leurs descendants n’ont jamais reçu les réparations qui elles seules peuvent rétablir la Justice, et réhabiliter la France.

Au nom de la ligue de défense noire africaine ,

Nous réclamons :
1 : L’abrogation officielle du Code Noir de 1685​, afin d’exposer et d’enseigner ses atrocités et de pointer les responsabilités.
L’abrogation de l’article 5 du décret d’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises​ du 27 avril 1848, entraînant le remboursement des sommes versées.

02 : L’établissement d’un ​Fond National Français pour les Réparations des Crimes Contre l’Humanité​ (nommé ici « le Fond pour les Réparations ») : Ce fond aura pour rôle d’organiser le versement mensuel d’argent aux familles de descendants d’esclaves sur 2 fois le nombre d’années volées : soit 800 ans. Il pourra être alimenté, soit par une taxe sur les recettes touristiques des nombreux domaines et monuments dont la construction ou l’agrandissement n’aurait été possible sans l’apport en richesse et en travail gratuit des esclaves qui ont fait la richesse de la France par la vente à toute l’Europe du sucre de canne qu’ils produisaient.

Les familles ayant bénéficié de l’article 5 du décret d’abolition du 27 avril 1848 et ayant hérité de biens mal acquis aux Antilles devront elles aussi participer à l’effort national des réparations au cas par cas.

3: L’édification d’un ​Mémorial de l’Esclavage avec sa Flamme du Souvenir de l’Esclave Africain Inconnu​ afin de redonner une dignité et un lieu de mémoire à tous ces esclaves qui ont été enterrés au fond des champs comme le stipule l’article 11 du Code Noir, ou en bordure de mer.

4: L’effacement dans l’espace public dans les pays africains, des noms des personnes responsables de crimes imposé par la France que la Justice n’a pas pu juger​ ou d’apologie de crime contre l’Humanité (ex: Napoléon Bonaparte, Colbert, Jules Ferry, Charles de Gaulle, etc.)

5: La promulgation d’un nouveau jour férié en France et dans les pays africains francophones : ainsi ​le 4 Février sera une fête nationale en l’honneur du premier décret de l’abolition de l’esclavage de 1794​.


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