mardi, septembre 27, 2022
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Burkina Faso đŸ‡§đŸ‡« :Roch KaborĂ© semblait se mĂ©fier aussi de l’opĂ©ration militaire Barkhane et refusait une prĂ©sence militaire française importante sur le territoire burkinabĂš.

Burkina Faso đŸ‡§đŸ‡«Â :Roch KaborĂ© semblait se mĂ©fier aussi de l’opĂ©ration militaire Barkhane et refusait une prĂ©sence militaire française importante sur le territoire burkinabĂš.

Sur fond de dĂ©sastre militaire dans le nord du pays, partiellement contrĂŽlĂ© par les jihadistes liĂ©s Ă  Al-QaĂŻda et au groupe État islamique, la parenthĂšse civile s’est refermĂ©e au « Pays des hommes intĂšgres ». Pour beaucoup, ce coup d’État Ă©tait prĂ©visible et les autoritĂ©s françaises semblaient s’y prĂ©parer. Les explications de France 24.

Ce mardi 25 janvier, le Burkina Faso s’est rĂ©veillĂ© avec, Ă  sa tĂȘte, un gouvernement militaire qui a annoncĂ© depuis les studios de la tĂ©lĂ©vision nationale la suspension de la Constitution et la dissolution du gouvernement ainsi que de l’AssemblĂ©e nationale. Le prĂ©sident Roch KaborĂ© a quant à lui prĂ©sentĂ© sa dĂ©mission dans une lettre manuscrite publiĂ©e lundi soir sur la page Facebook de la RTB. 

Le pays est dĂ©sormais dirigĂ© par le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, prĂ©sident du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR), un officier formĂ© en France, Ă  l’Ă©cole militaire de Paris.

ÂgĂ© de 41 ans, il rĂ©tablit un rĂ©gime militaire dans un pays qui a connu huit coups d’État depuis son indĂ©pendance en 1960. La prĂ©sidence de Roch Marc Christian KaborĂ© (2015-2022), premier civil Ă©lu dĂ©mocratiquement et Ă  exercer le pouvoir dans la durĂ©e, a vĂ©cu.

L’Ă©viction par l’armĂ©e du premier prĂ©sident civil du pays depuis 1966

Économiste et ancien Premier ministre (il avait gĂ©rĂ© la dĂ©valuation historique du franc CFA en 1994), il a vu sa prĂ©sidence emportĂ©e par l’offensive jihadiste au Sahel, partie du nord du Mali en 2012, que son armĂ©e n’est pas parvenue Ă  contenir.

Pour beaucoup d’observateurs, ce nouveau coup d’État au Burkina Faso n’est pas vraiment une surprise, tant le divorce entre l’ex-chef de l’État et les forces armĂ©es Ă©tait Ă©vident depuis l’attaque du poste de gendarmerie d’Inata, en novembre 2021, au cours duquel 54 gendarmes ont pĂ©ri aprĂšs avoir demandĂ© en vain des renforts et de la nourriture auprĂšs de leur état-major.

Des mésententes entre Paris et Roch Kaboré

MĂ©fiant vis-Ă -vis de son armĂ©e, qu’il soupçonnait de vouloir le renverser et reprendre le pouvoir, le prĂ©sident dĂ©chu semblait se mĂ©fier aussi de l’opĂ©ration militaire Barkhane et refusait une prĂ©sence militaire française importante sur le territoire burkinabĂš. 

Pour Antoine Glaser, fondateur et ancien rĂ©dacteur en chef de « La Lettre du Continent », une publication bien informĂ©e des dessous de la vie politique du continent africain, « Roch KaborĂ© avait une certaine distance vis-Ă -vis de la France, qui lui reprochait de ne pas vouloir rĂ©former son armĂ©e. Il avait acceptĂ© la prĂ©sence de l’opĂ©ration Sabre, constituĂ©e de forces spĂ©ciales françaises basĂ©e prĂšs de Ouagadougou mais il ne tenait pas Ă  avoir une opĂ©ration Barkhane dans son pays parce que Barkhane, c’est quand mĂȘme une force conventionnelle Ă  l’ancienne que la jeunesse africaine considĂšre comme un retour aux annĂ©es de la France-Afrique ».

L’ÉlysĂ©e a-t-il voulu exfiltrer Roch Kaboré ?

DĂ©savouĂ© par son armĂ©e, Roch KaborĂ© l’a-t-il aussi Ă©tĂ© par les autoritĂ©s françaises ? Selon Africa Intelligence, dans une note publiĂ©e ce mardi, « Depuis septembre, officiers comme diplomates français travaillaient sur des scĂ©narios de prise de pouvoir par les militaires » et le site spĂ©cialisĂ© affirme que Paris a proposĂ© Ă  l’ex-prĂ©sident « une exfiltration d’urgence » dĂšs dimanche, avant de perdre le contact avec lui au cours de la journĂ©e de lundi.

« Plusieurs points de chute dans les pays voisins avaient Ă©tĂ© Ă©tudiĂ©s pour mettre Ă  l’abri le prĂ©sident, mais ce dernier a refusĂ© d’ĂȘtre exfiltrĂ© par Paris ». Cette information a Ă©tĂ© dĂ©mentie par l’ÉlysĂ©e dĂšs la parution de cette note, toujours selon le site spĂ©cialisĂ© sur l’actualitĂ© et les enjeux du continent africain qui rapporte Ă©galement que « le monsieur « Afrique » du Quai d’Orsay, Christophe Bigot, s’Ă©tait rendu Ă  Ouagadougou dĂ©but dĂ©cembre. Il y avait rencontrĂ© KaborĂ©, en compagnie de l’ambassadeur de France dans le pays, Luc Hallade, et de sĂ©curocrates et officiers supĂ©rieurs de l’armĂ©e burkinabĂš. Paradoxalement, le risque d’un coup d’État s’Ă©tait alors quelque peu dissipĂ©, mĂȘme si la menace Ă©tait toujours jugĂ©e trĂšs sĂ©rieuse. »

La proximité ancienne entre les forces armées burkinabÚ et la France

Pour Antoine Glaser, le coup d’État conclu lundi Ă©tait presque annoncĂ©, puisque le prĂ©sident KaborĂ© « avait fait arrĂȘtĂ© des officiers qui Ă©taient des proches de Paul-Henri Sandaogo Damiba » il y a une quinzaine de jours. Le journaliste ajoute sur l’antenne de France 24 qu’il ne pense pas que « Paris a[it] laissĂ© tomber le prĂ©sident KaborĂ© mĂȘme si c’est vrai que ce sont les forces spĂ©ciales françaises qui ont exfiltrĂ©e en CĂŽte d’Ivoire l’ex prĂ©sident Blaise Compaoré », le dirigeant militaire du Burkina Faso de 1987 Ă  2014.

« C’est vrai aussi qu’il y a toujours eu un soutien français Ă  Gilbert DiendĂ©rĂ© [un gĂ©nĂ©ral responsable d’une tentative de putsch en 2015 NDLR]. C’est vrai aussi que la DGSE et les services français ont pendant longtemps bĂ©nĂ©ficiĂ© de la plateforme de Ouagadougou pour des opĂ©rations clandestines dans la rĂ©gion, mais ça ne signifie pas que la France ne soutenait pas Roch  Kaboré », explique Antoine Glaser.

Le journaliste rappelle aussi qu’en septembre 2020, Emmanuel Macron lui avait confiĂ© ses doutes concernant la capacitĂ© de Roch KaborĂ© Ă  rĂ©pondre au dĂ©fi sĂ©curitaire posĂ© par l’insurrection jihadiste au Sahel.

La méfiance de Roch Kaboré envers son armée, un problÚme pour Paris

Dans son ouvrage « Le PiĂšge africain de Macron » paru en 2021, il cite le chef de l’État français affirmant : « Au Burkina Faso, il y a un problĂšme avec l’armĂ©e. Le Burkina est un pays de coups d’État, le prĂ©sident KaborĂ© a lui-mĂȘme dĂ©vitalisĂ© son armĂ©e. Soyons clair, il ne veut pas la rĂ©former donc c’est un modĂšle autoentretenu parce qu’il aura besoin durablement de puissances Ă©trangĂšres car il a une dĂ©fiance vis-Ă -vis de sa propre armĂ©e. »

Ce mardi, le prĂ©sident français a dĂ©claré : « TrĂšs clairement, comme toujours, nous sommes aux cĂŽtĂ©s de l’organisation rĂ©gionale qu’est la CĂ©dĂ©ao pour condamner ce coup d’État militaire ». InterrogĂ© par RFI, il ajoute qu »il ne faut pas sous-estimer la fatigue et l’Ă©puisement que crĂ©ent des attaques permanentes de groupes terroristes qui viennent affaiblir les forces armĂ©es d’une part et qui viennent aussi profondĂ©ment fragiliser le lien avec la population et les institutions lĂ©gitimes. »

Au-delĂ  des critiques françaises sur la stratĂ©gie sĂ©curitaire de l’ex-prĂ©sident, c’est bien le ras-le-bol de la population qui semble avoir autorisĂ© le putsch permettant le retour au pouvoir des militaires au Burkina Faso. Comme le note le quotidien LibĂ©ration :  » l’impuissance du pouvoir en place Ă  freiner l’inexorable progression du terrorisme a suscitĂ© un vent de colĂšre dĂ©sespĂ©rĂ©e ». Une manifestation de soutien aux putschistes est d’ailleurs en cours ce mardi Ă  Ouagadougou oĂč le calme est revenu.

« Bien sĂ»r que c’est un coup d’État, mais on a le sentiment que, dans la bande sahĂ©lo-saharienne, les dirigeants se bunkĂ©risent dans leurs capitales, qu’ils abandonnent l’espace rural aux jihadistes et qu’ils ont renoncĂ© Ă  tous leurs pouvoirs rĂ©galiens d’Ă©ducation ou de santĂ©. Au Burkina, il y a eu 2 000 morts et des millions de dĂ©placĂ©s. Au bout d’un moment, ce n’est plus possible de continuer dans la mĂȘme situation », conclut Antoine Glaser.

Source; France 24

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