mardi, octobre 4, 2022
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MALI đŸ‡ČđŸ‡± : Renouvellement du mandat de la Minusma : Le Mali s’oppose Ă  l’intervention de Barkhane sur son territoire

Le ministre des Affaires Ă©trangĂšres et de la CoopĂ©ration internationale Abdoulaye Diop a prononcĂ© un discours ce lundi 13 juin, au siĂšge des Nations Unies, Ă  l’occasion de l’examen par le Conseil de sĂ©curitĂ© du rapport du SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ONU sur la situation au Mali. Ce fut l’occasion pour lui de s’opposer, au nom du gouvernement du Mali, Ă  l’intervention des forces françaises sur le sol malien.

Les observations du Mali sur le rapport de la Minusma

« Je voudrais commencer par dire que le Gouvernement du Mali est surpris que le rapport relĂšve que les mouvements signataires ont dĂ©noncĂ© l’enrĂŽlement de 2000 nouveaux Ă©lĂ©ments devant ĂȘtre dĂ©ployĂ©s dans les rĂ©gions du nord dans le cadre du recrutement spĂ©cial. Le Gouvernement n’a reçu aucune plainte d’un quelconque groupe dans ce sens », a dĂ©plorĂ© le ministre. Pourtant, selon lui, le recrutement spĂ©cial initiĂ© par l’État-major gĂ©nĂ©ral vise les Ă©lĂ©ments des groupes d’auto-dĂ©fense ainsi que la rĂ©cupĂ©ration des armes. « En aucune maniĂšre, ce recrutement ne saurait interfĂ©rer avec le processus de DĂ©sarmement, dĂ©mobilisation et rĂ©intĂ©gration/rĂ©insertion de l’Accord (DDR), qui concerne les combattants des mouvements signataires de l’Accord, dĂ©jĂ  enregistrĂ©s dans la base de donnĂ©es de la Commission nationale DDR », prĂ©cise le chef de la diplomatie malienne qui ajoute que de sa signature Ă  nos jours, la mise en Ɠuvre de l’Accord a connu des avancĂ©es notoires qui ont Ă©tĂ© accomplies notamment sur le plan politique, sĂ©curitaire, du dĂ©veloppement, de la justice et de la rĂ©conciliation. Pour Diop, les recommandations des Assises nationales de la refondation de dĂ©cembre 2021 participent de l’engagement du Gouvernement dans la mise en Ɠuvre de l’Accord, notamment celles relatives Ă  l’élaboration d’une nouvelle constitution, pour instituer, entre autres, le sĂ©nat, et l’accĂ©lĂ©ration du processus de dĂ©centralisation et de dĂ©concentration de l’État.

Cette tribune a Ă©tĂ© l’occasion pour le ministre Diop de dĂ©clarer que « sur la situation sĂ©curitaire, le Gouvernement indique qu’avec la montĂ©e en puissance des forces armĂ©es maliennes (FAMa), des rĂ©sultats probants ont Ă©tĂ© enregistrĂ©s sur le terrain, notamment : la neutralisation d’importants membres de Katibats terroristes, la rĂ©cupĂ©ration des matĂ©riels, la libĂ©ration des localitĂ©s du joug des terroristes, la destruction des sanctuaires terroristes et le retour de populations dĂ©placĂ©es ».

Le renouvellement du mandat de la Minusma

Concernant le renouvellement du mandat de la Minusma, le Mali a fait des observations. Pour Diop, il est « essentiel que le mandat soit centrĂ© sur la protection des populations civiles et l’appui au rĂ©tablissement de l’autoritĂ© de l’État sur l’ensemble de son territoire ». Le Mali trouve indispensable de mieux dĂ©finir et articuler la notion de protection des civils dans un contexte de guerre asymĂ©trique. Aussi, recommande-t-il de clarifier contre qui on veut protĂ©ger les populations. « Dans ce contexte, le mandat de la Minusma doit obligatoirement prendre en compte la montĂ©e en puissance des forces de dĂ©fense et de sĂ©curitĂ© du Mali, qui sont dĂ©sormais en premiĂšre ligne face aux groupes terroristes », a indiquĂ© le ministre malien des Affaires Ă©trangĂšres et de la CoopĂ©ration internationale.

Durant ce nouveau mandat de la Minusma, le Mali pose des conditions : l’interdiction de l’intervention de Barkhane son territoire. « De mĂȘme, dans le cadre du renouvellement sus-Ă©voquĂ© du mandat de la Minusma et la demande d’appui aĂ©rien de Barkhane, le Gouvernement du Mali exprime son opposition ferme Ă  l’intervention sur son territoire de la force française Barkhane, aprĂšs la dĂ©cision unilatĂ©rale de retrait de ladite force et la dĂ©nonciation par le Mali des Accords de dĂ©fense avec la France. Nous en appelons au respect de la souverainetĂ© du Mali et des dĂ©cisions prises par les autoritĂ©s maliennes Ă  cet Ă©gard », a dĂ©clarĂ© le ministre Abdoulaye Diop.

Il a Ă©galement soulignĂ© la nĂ©cessitĂ© d’une meilleure coordination des actions de la Minusma avec l’Etat malien de maniĂšre Ă  assurer une pleine efficacitĂ© dans l’accomplissement de son futur mandat. « Le Gouvernement du Mali souligne Ă©galement la nĂ©cessitĂ© pour la Minusma de travailler Ă©troitement et vĂ©ritablement avec les autoritĂ©s et les parties prenantes maliennes pour aider le Mali Ă  protĂ©ger ses populations civiles et Ă  restaurer son autoritĂ© sur l’ensemble de son territoire », prĂ©cise Diop. Le gouvernement du Mali a aussi dĂ©menti les restrictions sur la Minusma. « Sur les allĂ©gations de restrictions imposĂ©es Ă  la Minusma, il est Ă  prĂ©ciser que le Gouvernement malien n’a pris aucune mesure restrictive visant particuliĂšrement la Minusma. La mise en place de mesures de restriction temporaire sur une partie de l’espace aĂ©rien national, qui est une dĂ©cision souveraine, vise un double objectif », a dĂ©clarĂ© le ministre Abdoulaye Diop. Le premier, c’est de protĂ©ger les forces maliennes engagĂ©es dans une nouvelle posture dynamique et offensive pour reprendre l’initiative et rĂ©duire la capacitĂ© de nuisance des groupes terroristes sur les populations maliennes.

Le deuxiĂšme objectif est, dit-il, de maĂźtriser les risques pour le trafic aĂ©rien, liĂ©s Ă  l’utilisation intensive de la troisiĂšme dimension par les forces maliennes, notamment avec des vols d’aĂ©ronefs militaires, y compris sans pilote, et des tirs d’artillerie frĂ©quents. Il affirme que la sĂ©curitĂ© et la sĂ»retĂ© des usagers de l’espace aĂ©rien malien constituent une responsabilitĂ© rĂ©galienne de l’Etat. « Il est Ă  noter que tous les vols demandĂ©s par la Minusma sont autorisĂ©s dĂšs lors que la coordination nĂ©cessaire est faite, que les risques Ă  la circulation aĂ©rienne sont maĂźtrisĂ©s, et que cela n’interfĂšre pas de maniĂšre nĂ©gative avec les opĂ©rations militaires en cours », a affirmĂ© le ministre Diop.

En ce qui concerne le retour Ă  l’ordre constitutionnel, le ministre Diop a rappelĂ© les efforts du gouvernement malien.

Par ailleurs, le ministre Abdoulaye Diop a attirĂ© l’attention du Conseil sur les risques de politisation et d’instrumentalisation des droits de l’Homme aux fins d’agendas cachĂ©s et sur la multiplicitĂ© des mĂ©canismes des droits de l’Homme et leurs poids croissant sur le fonctionnement de l’Administration malienne, dont les cadres doivent rĂ©pondre Ă  leurs sollicitations nombreuses, simultanĂ©es et souvent pas coordonnĂ©es, au moment oĂč les populations ont le plus besoin de leurs services.

La rencontre d’hier a Ă©tĂ© Ă©galement l’occasion de rejeter les allĂ©gations de violations des droits de l’Homme au Mali. « Pour clore ce chapitre des droits de l’Homme, je tiens Ă  rappeler que le Gouvernement du Mali a rejetĂ© certaines allĂ©gations de violation et d’atteinte aux droits de l’Homme attribuĂ©es aux Forces de dĂ©fense et de sĂ©curitĂ© maliennes, dans la derniĂšre note trimestrielle de la Minusma », a laissĂ© entendre le ministre Diop qui prĂ©cise qu’à l’issue d’enquĂȘtes minutieuses, « nous nous sommes rendus compte que ces allĂ©gations sont tendancieuses, non recoupĂ©es, rapportĂ©es selon des tĂ©moignages non contradictoires et ne s’appuyant sur aucune preuve tangible. Je saisis cette occasion pour rejeter totalement la fausse impression que cette note trimestrielle de la Minusma donne et selon laquelle les violences exercĂ©es par les Forces maliennes ciblent des personnes appartenant Ă  certaines communautĂ©s ethniques. « D’évidence, ces allĂ©gations ont pour objectif de ternir l’image des Forces armĂ©es maliennes et de les discrĂ©diter vis-Ă -vis des populations et de la communautĂ© internationale », dĂ©plore Diop.

Sur le retrait du Mali du G5 Sahel, Diop a Ă©tĂ© on ne peut plus clair : « Je voudrais leur rappeler qu’il s’agit lĂ  d’une dĂ©cision souveraine du Mali, en rĂ©ponse aux violations des traitĂ©s fondateurs de l’organisation, Ă  la politique de deux poids deux mesures et aux ingĂ©rences extĂ©rieures hostiles Ă  l’égard d’un Etat membre fondateur ». Selon lui, le retrait du Mali a Ă©tĂ© formellement notifiĂ© aux instances du G5 Sahel.

B. Guindo

Source : LE PAYS

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