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Mali đŸ‡ČđŸ‡± : la CĂ©dĂ©ao lĂšve les sanctions commerciales et financiĂšres

Mali Les leaders ouest-africains ont levĂ© dimanche Ă  Accra les sanctions commerciales et financiĂšres qui affectaient le Mali depuis janvier et validĂ© le nouveau calendrier proposĂ© par la junte d’une pĂ©riode de transition allant jusqu’Ă  mars 2024.

Le Mali va pouvoir souffler: les dirigeants ouest-africains ont levé dimanche à Accra les sanctions commerciales et financiÚres qui étouffaient depuis janvier ce pays plongé dans une grave crise politique et sécuritaire.

Autre mesure forte prise au cours du sommet de la CommunautĂ© Ă©conomique des États de l’Afrique de l’Ouest (CĂ©dĂ©ao), l’accord avec le Burkina Faso d’un calendrier de 24 mois avant un retour des civils au pouvoir Ă  compter du 1er juillet 2022.

«C’est actĂ©! Nous avons dĂ©cidĂ© de lever les sanctions Ă©conomiques et financiĂšres contre le Mali», a dĂ©clarĂ© Ă  l’AFP un participant au sommet de la CĂ©dĂ©ao sous couvert de l’anonymat.

«C’est bien actĂ©!», a confirmĂ© un autre responsable de la CĂ©dĂ©ao. «Mais les chefs d’Ă©tat ont prĂ©cisĂ© que conformĂ©ment Ă  la charte, les militaires de la junte ne peuvent pas ĂȘtre candidats Ă  l’Ă©lection prĂ©sidentielle», a-t-il ajoutĂ©.

L’adoption d’une nouvelle loi Ă©lectorale ouvrant la voie Ă  la candidature d’un militaire Ă  l’Ă©lection prĂ©sidentielle demeurait un possible point de blocage dans les nĂ©gociations.

>>> LIRE AUSSI: Mali: adoption d’un calendrier Ă©lectoral avant le sommet de la CĂ©dĂ©ao

La levĂ©e de l’embargo sur les transactions commerciales et financiĂšres Ă©tait trĂšs attendue au Mali, Ă©puisĂ© par dix ans de conflit, et oĂč les nĂ©gociations entre la junte et la CĂ©dĂ©ao durent depuis des mois.

Les signaux Ă©taient plutĂŽt positifs ces derniers jours avec l’adoption par le Mali d’un certain nombre de prĂ©requis indispensables pour l’allĂšgement des sanctions.

Les autorités ont annoncé mercredi un calendrier électoral fixant la présidentielle à février 2024, le référendum constitutionnel à mars 2023, et les législatives entre octobre et novembre 2023.

NĂ©gociations

Il vient complĂ©ter l’adoption le 17 juin d’une nouvelle loi Ă©lectorale et la mise en place d’une commission chargĂ©e de rĂ©diger la nouvelle Constitution.

«Sur le Burkina Faso, nous avons demandĂ© Ă  la junte de revoir sa copie. Elle demandait 36 mois. Aujourd’hui tout le monde est d’accord que c’est 24 mois de transition Ă  compter du 1er juillet 2022», a Ă©galement assurĂ© Ă  l’AFP un participant au sommet sous couvert de l’anonymat.

>>> LIRE AUSSI: Mali: le prĂ©sident de transition promulgue la loi Ă©lectorale, condition d’un retour des civils au pouvoir

Lors de sa visite samedi Ă  Ouagadougou, le mĂ©diateur de la CĂ©dĂ©ao, l’ex-prĂ©sident nigĂ©rien Mahamadou Issoufou, a donc convaincu la junte au pouvoir depuis fin janvier de baisser la durĂ©e de la transition de 36 Ă  29 mois.

Dans ce pays sahĂ©lien aussi frappĂ© par les attaques jihadistes, Issoufou avait saluĂ© «l’ouverture au dialogue» des militaires et dit avoir «échangĂ© sur le chronogramme de la transition» prĂ©sentĂ© mercredi aux leaders politiques.

Les autoritĂ©s burkinabĂš prĂ©voyaient jusqu’alors les dates du 24 dĂ©cembre 2024 pour un rĂ©fĂ©rendum constitutionnel et du 25 fĂ©vrier 2025 pour la tenue d’Ă©lections lĂ©gislatives et prĂ©sidentielle. Le nouveau calendrier n’a pas encore Ă©tĂ© annoncĂ©.

Vendredi, les partis de l’ex-majoritĂ© du prĂ©sident Roch Marc Christian KaborĂ© renversĂ© avaient dĂ©noncĂ© l’agenda prĂ©sentĂ© par la junte comme une «manƓuvre solitaire qui contraste avec les impĂ©ratifs d’une transition inclusive et rĂ©ussie», regrettant «l’absence de concertations en amont».

>>> LIRE AUSSI: Mali: adoption d’une loi Ă©lectorale, prĂ©requis d’un retour des civils au pouvoir

L’Afrique de l’Ouest a vu se succĂ©der les coups de force des colonels et lieutenants-colonels en moins de deux ans: putsch le 18 aoĂ»t 2020 Ă  Bamako, nouveau fait accompli parachevant le premier le 24 mai 2021, putsch le 5 septembre 2021 Ă  Conakry, putsch le 24 janvier 2022 Ă  Ouagadougou.

Depuis 2020, la Cédéao, alarmée du risque de contagion dans une région vulnérable, multiplie les sommets, les médiations et les pressions pour accélérer le retour des civils à la direction de ces pays.

La Guinée a par ailleurs mené cette semaine une intense campagne diplomatique pour apaiser les dirigeants ouest-africains et éviter de nouvelles sanctions.

La junte avait suscitĂ© l’ire de ses voisins en actant une durĂ©e de transition de 36 mois. Un dĂ©lai qualifiĂ© d’«impensable» par le chef de l’Etat sĂ©nĂ©galais Macky Sall, prĂ©sident en exercice de l’Union africaine.

>>> LIRE AUSSI: Mali: le gouvernement crée une commission pour rédiger une nouvelle Constitution

«La Cédéao va devoir prendre des mesures», avait-il dit.

Le Premier ministre de transition Mohamed BĂ©avogui a reçu samedi le reprĂ©sentant spĂ©cial des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, Mahamat Saleh Annadif.

Le message de la GuinĂ©e est de rassurer «les frĂšres de la CĂ©dĂ©ao», sur l’engagement du pays Ă  mener une transition apaisĂ©e et inclusive, a soulignĂ© le gouvernement.

Lundi, le gouvernement a aussi reçu les principales formations politiques en vue d’engager un dialogue. Plusieurs mouvements politiques ont conditionnĂ© leur participation Ă  la nomination d’un mĂ©diateur ouest-africain.

Article: Le 360
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