mardi, septembre 27, 2022
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Éthiopie đŸ‡ȘđŸ‡č: Vers une reprise des hostilitĂ©s ? Plusieurs morts dans un bombardement d’Addis-Abeba sur le TigrĂ©

En Ethiopie, oĂč une trĂȘve de cinq mois a Ă©tĂ© brisĂ©e, l’armĂ©e rĂ©guliĂšre a frappĂ© la capitale de la rĂ©gion en rĂ©bellion du TigrĂ©. L’inquiĂ©tude de la communautĂ© internationale grandit face au risque d’une reprise de la guerre civile dans le pays.

Mekele, capitale de la province en rĂ©bellion du TigrĂ©, a Ă©tĂ© bombardĂ© le 26 aoĂ»t par l’aviation du gouvernement Ă©thiopien. Au moins quatre personnes, dont deux enfants, ont Ă©tĂ© tuĂ©es et neuf autres blessĂ©es, selon un responsable du principal hĂŽpital de la ville qui s’est adressĂ© Ă  l’AFP.

La frappe n’a pas Ă©tĂ© immĂ©diatement confirmĂ©e par le gouvernement fĂ©dĂ©ral du premier ministre Abiy Ahmed. Celui-ci a en revanche annoncĂ© dans un communiquĂ© son intention de mener des « actions » au TigrĂ©, appelant la population Ă  se tenir Ă©loignĂ©e des cibles militaires, tout en dĂ©mentant catĂ©goriquement les accusations des miliciens tigrĂ©ens selon lesquelles l’armĂ©e fĂ©dĂ©rale avait tuĂ© des civils.

« L’aviation militaire Ă©thiopienne rĂ©pond clairement Ă  l’attaque lancĂ©e contre l’Ethiopie en ne visant que des sites militaires », a affirmĂ© dans un message Ă  l’AFP le service de communication du gouvernement, accusant en retour les combattants FLPT de « dĂ©poser des faux sacs mortuaires dans des zones civiles pour affirmer que l’aviation a attaquĂ© des civils ».

Rupture de la trĂȘve : miliciens et loyalistes se renvoient la balle
Plus tĂŽt dans la journĂ©e, Kindeya Gebrehiwot, un porte-parole des autoritĂ©s du TigrĂ©, avait dĂ©clarĂ© que l’aviation Ă©thiopienne avait « larguĂ© des bombes sur une zone rĂ©sidentielle et un jardin d’enfants Ă  Mekele », tuant et blessant des civils. Une version confirmĂ©e le lendemain par le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), qui a affirmĂ© qu’une frappe avait touchĂ© un « jardin d’enfants » et tuĂ© et blessĂ© plusieurs enfants.

Ce bombardement ponctue la troisiĂšme journĂ©e consĂ©cutive d’affrontements entre les Forces de dĂ©fense nationale Ă©thiopiennes (FDNE) et les combattants du TPLF. Depuis le 24 aoĂ»t, gouvernement central et autoritĂ©s tigrĂ©ennes se rejettent la responsabilitĂ© de la reprise des combats Ă  la frontiĂšre sud-est de la rĂ©gion. Les groupes armĂ©s tigrĂ©ens avaient alors accusĂ© l’armĂ©e fĂ©dĂ©rale Ă©thiopienne d’avoir lancĂ© une « offensive de grande Ă©chelle » contre leurs « positions du front sud ».

La veille, Addis-Abeba avait en retour incriminĂ© le TPLF de la « diffamer » en l’accusant de « faire mouvement vers [ses] positions » ou de les « bombarder ». Ce regain de violence marque la fin d’une trĂȘve de cinq mois, conclue le 24 mars entre les deux camps et jusqu’ici largement respectĂ©e.

Une région en proie à la guerre civile et à la famine
Face aux craintes d’une reprise de la guerre civile, dans une rĂ©gion oĂč selon l’ONU prĂšs de 40% de la population fait face Ă  une « pĂ©nurie extrĂȘme de nourriture», les appels Ă  la dĂ©sescalade se sont multipliĂ©s. A l’image d’AntĂłnio Guterres, qui s’est dit « profondĂ©ment choquĂ© et attristĂ© » par la reprise des combats. Le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations Unies a ainsi appelĂ© le 24 aoĂ»t « fermement Ă  la cessation immĂ©diate des hostilitĂ©s et Ă  la reprise des nĂ©gociations de paix ».

Le mĂȘme jour, l’ONU a dĂ©plorĂ© que les miliciens du TigrĂ© se soient « emparĂ©s » Ă  Mekele de 12 camions-citernes du Programme alimentaire mondial transportant 570 000 litres de carburant Ă  la distribution d’aide humanitaire.

Selon les chiffres de l’organisation internationale, ce conflit dĂ©butĂ© le 4 novembre 2020 a causĂ© plusieurs dizaines de milliers de morts ainsi que deux millions de dĂ©placĂ©s. De leur cĂŽtĂ©, autoritĂ©s fĂ©dĂ©rales et tigrĂ©ennes exhortent toutes deux la communautĂ© internationale Ă  faire pression sur la partie adverse. Getachew Reda, porte-parole du TPLF, a appelĂ© Ă  « arrĂȘter de choyer Abiy » et Ă  faire « pression sur le rĂ©gime pour le pousser Ă  des nĂ©gociations de bonne foi ».

« Alors que la communautĂ© internationale appelle les deux parties belligĂ©rantes Ă  la dĂ©sescalade, Abiy Ahmed a choisi d’envoyer son aviation attaquer les civils Ă  Mekele », s’est-il insurgĂ© sur Twitter. Quant aux autoritĂ©s Ă©thiopiennes, celles-ci appellent Ă  « condamner » les « provocations permanentes» des groupes armĂ©s tigrĂ©ens et Ă  les pousser « vers l’option de la paix proposĂ©e par le gouvernement ».

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