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France đŸ‡«đŸ‡· : Mort d’Amadou KoumĂ© en 2015 : prison pour les trois policiers accusĂ©s d’homicide involontaire

Dans la nuit du 5 au 6 mars 2015, Amadou Koumé avait été violemment immobilisé par des policiers dans un bar proche de la gare du Nord, à Paris.

Le tribunal correctionnel de Paris a condamnĂ© ce mardi trois policiers Ă  15 mois d’emprisonnement avec sursis pour homicide involontaire, aprĂšs la mort le 6 mars 2015 d’Amadou KoumĂ© lors de son interpellation dans un bar de la capitale. C’est un peu plus que ce qui avait Ă©tĂ© requis en juillet dernier. « Personne n’aurait souhaitĂ© se trouver devant ce tribunal aujourd’hui », avait insistĂ© la procureure.

Dans la nuit du 5 au 6 mars 2015, Amadou KoumĂ©, en proie Ă  des troubles psychiques, Ă©tait dĂ©cĂ©dĂ© quelques minutes aprĂšs son arrestation, dans le Xe arrondissement de la capitale. Ce pĂšre de famille de 33 ans avait succombĂ© Ă  une « asphyxie mĂ©canique lente », liĂ©e Ă  deux clĂ©s d’étranglement et Ă  son maintien au sol au total plus de six minutes sur le ventre, les mains menottĂ©es dans le dos, alors que la police Ă©tait venue le maĂźtriser, dans le bar du secteur de la gare du Nord oĂč il Ă©tait arrivĂ© tard.

Le tribunal a condamnĂ© Ă  la mĂȘme peine Anthony B., 46 ans, le gardien de la paix auteur des gestes d’étranglement, SĂ©bastien P., 48 ans, Ă  l’époque brigadier, qui a appuyĂ© son genou sur les lombaires et sur le bras d’Amadou KoumĂ©, et le major Didier M., 62 ans, plus haut gradĂ© ce soir-lĂ .

Ils ont Ă©tĂ© reconnus coupables de « fautes » en lien direct avec la mort d’Amadou KoumĂ©, le premier pour son usage de la force, « certes lĂ©gitime », mais « insuffisamment maĂźtrisĂ© », ainsi que pour avoir laissĂ© l’homme en position ventrale sans s’enquĂ©rir de son Ă©tat de santĂ©.

SĂ©bastien P. a fait preuve d’un « manque Ă©vident de discernement » en ne s’ « intĂ©ressant pas Ă  (son) Ă©tat de santĂ© aprĂšs une interpellation trĂšs mouvementĂ©e » et alors qu’il ne reprĂ©sentait Ă  ce moment-lĂ  « plus aucun danger », selon le tribunal. Didier M. s’est rendu coupable d’ « une succession de nĂ©gligences et de manquements » en tant que « responsable de l’opĂ©ration », prĂ©sent dans le bar, pendant le transport en fourgon et Ă  l’arrivĂ©e au commissariat.

Plus de sept ans aprÚs ce décÚs, la famille, dont la plainte avec constitution de partie civile avait relancé les investigations aprÚs un classement sans suite, était venue entendre la décision au tribunal jeudi matin. « Entendre le mot coupable naturellement est une satisfaction dans un tel dossier, mais la peine est relativement clémente, donc il y a un bout de justice qui est rendue », a régi Me Eddy Arneton, leur avocat.

« Ça ne ramĂšnera pas Amadou KoumĂ©, nĂ©anmoins sa famille sait aujourd’hui de façon prĂ©cise les circonstances dans lesquelles il est mort et sait aussi que sa mort est due Ă  des fonctionnaires de police, donc c’est un pas, et nous l’accueillons comme tel », a-t-il ajoutĂ©.

Le conseil d’Anthony B. n’a pas souhaitĂ© s’exprimer dans l’immĂ©diat. La dĂ©fense, qui avait plaidĂ© la relaxe lors du procĂšs du 27 juin au 4 juillet, a dix jours pour faire appel.

Technique controversĂ©e, la clĂ© d’étranglement, proscrite dans la gendarmerie et remplacĂ©e officiellement en 2021 dans la police, est au cƓur de plusieurs enquĂȘtes ouvertes aprĂšs la mort d’hommes interpellĂ©s, notamment dans le dĂ©cĂšs de CĂ©dric Chouviat.

Source: Le Parisien

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