vendredi, décembre 2, 2022
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Tchad : La junte militaire tchadienne sera soutenu par la France

DÉCISION. Mahamat Idriss Déby, chef du Comité militaire de transition, pourra compter sur le soutien du G5 Sahel et de la France pour préserver la « stabilité » du pays.

l n’aura pas fallu attendre longtemps pour dissiper le doute sur le soutien ou non de la France et des pays du Sahel quant au processus mis en œuvre au Tchad après la mort du président Idriss Déby. À ses funérailles, ce vendredi, à N’Djamena, la France a promis son soutien à la junte militaire dirigée par le fils du défunt président tchadien pour préserver la « stabilité » de son allié dans la lutte contre les djihadistes au Sahel.

Mahamat Idriss Déby bien maître à bord

Le fils du défunt Maréchal Déby, Mahamat Idriss Déby, général de corps d’armée à 37 ans et jusqu’alors commandant de la Garde républicaine, la redoutable garde prétorienne du régime, est le nouvel homme fort du Tchad, entouré des plus fidèles des généraux de son père. Il dispose des pleins pouvoirs, mais a promis de nouvelles institutions après des élections « libres et démocratiques » dans un an et demi. Pour de nombreux opposants, dont les plus farouches étaient régulièrement victimes d’intimidations et de violences, cette prise de pouvoir n’est rien d’autre qu’un « coup d’État institutionnel ».

Soutien public du G5 Sahel

Juste avant la cérémonie, le président français Emmanuel Macron et les quatre autres chefs d’État du G5 Sahel (dont Idriss Déby Itno assurait la présidence tournante), qui ont formé une force militaire soutenue par Paris pour combattre les djihadistes, ont témoigné au jeune général Déby leur « unité de vue » et leur « soutien commun au processus de transition civilo-militaire pour la stabilité de la région ». Une douzaine de chefs d’État étaient réunis sur la place de la Nation, au cœur de N’Djamena, où le cercueil recouvert du drapeau tchadien est arrivé à bord d’un pick-up entouré de motards, rapportent des journalistes de l’AFP sur place. Vingt-et-un coups de canon ont été tirés et les honneurs militaires ont été rendus à celui qui a été élevé au rang de Maréchal du Tchad le 11 août dernier.

Soutien réaffirmé de la France

Parmi les chefs d’État et de gouvernement, M. Macron, assis au plus près du jeune général Mahamat Déby, était le seul Occidental. Autour d’eux, les quatre autres pays du G5 Sahel, qui ont formé une force militaire anti-djihadiste épaulée par la France : Mali, Niger, Burkina Faso et Mauritanie. Emmanuel Macron avait rencontré la veille en aparté, à peine descendu de son avion, le nouvel homme fort du Tchad. Un signe pour l’opposition et les experts : la France, qui a sauvé militairement au moins à deux reprises le régime de feu Idriss Déby menacé par des rebelles, en 2008 et 2019, semble maintenir son soutien à son successeur. « La France ne laissera jamais personne, ni aujourd’hui ni demain, remettre en cause la stabilité et l’intégrité du Tchad », a promis M. Macron dans son oraison funèbre. « Cher Président, cher Maréchal, cher Idriss […], vous avez vécu en soldat, vous êtes mort en soldat, les armes à la main », a-t-il poursuivi. Mais, à l’attention du Conseil militaire de transition (CMT) présidé par le jeune général Mahamat Déby, il a appelé à promouvoir la « stabilité, l’inclusion, le dialogue, la transition démocratique ». Paris a installé le QG de Barkhane, sa force anti-djihadiste au Sahel, au Tchad, son plus solide allié contre les djihadistes dans la région. Depuis son arrivée au pouvoir par les armes en 1990, avec l’aide de Paris, Idriss Déby avait toujours pu compter sur l’ancienne puissance coloniale.

Source: Le Point

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