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« Manipulation », « censure » : les médias cubains dénoncent leur étiquetage par Twitter

L’entreprise américaine a décidé d’accoler la mention « affiliés au gouvernement » à une série de médias publics cubains. Ceux-ci ont protesté contre une mesure qui les rendra moins visibles sur le réseau, alors qu’ils offrent un autre point de vue.

Twitter a choisi d’étiqueter le 24 octobre les comptes de plusieurs grands médias cubains comme « affiliés au gouvernement », ce qui a suscité des protestations de la part d’un portail d’informations et d’un dirigeant du pays. Les comptes de médias officiels comme, entre autres, les quotidiens Granma, Tribuna de La Habana ou Juventud Rebelde, l’agence de presse cubaine Agencia Cubana de Noticias ou le portail Cubadebate ont ainsi été labellisés « médias affiliés au gouvernement » par la plateforme.

« Twitter labellise de manière péjorative les médias qui ne soutiennent pas le discours impérialiste », a dénoncé le directeur de Cubadebate, Randy Alonso Falcó, selon lequel « il ne faut pas oublier que ce réseau social agit de concert avec la CIA, le MI6 [son équivalent britannique] et le département d’Etat ».

Cubadebate a dénoncé dans un article de Patricia Maria Soriano une mesure qui « censure et stigmatise les médias publics du pays » et « affecte les destinataires et les lecteurs potentiels des tweets des médias labellisés », tout en pointant le caractère collectif de la mesure, qui ne distingue pas « les médias publics financés par des organisations syndicales ou politiques des médias publics d’Etat ». Le même article relève que « la méthodologie utilisée par Twitter pour paramétrer les « médias affiliés au gouvernement » est discrétionnaire, rien n’expliquant pourquoi il étiquette ainsi certains des médias gouvernementaux du monde [et] pas tous (ou la plupart) des médias d’Etat ou gouvernementaux ».

Il s’agit d’une « nouvelle preuve de la « manipulation » des algorithmes pour rendre certains médias moins visibles que d’autres », a tweeté pour sa part Rogelio Polanco Fuentes, chef du département de l’idéologie du Parti communiste de Cuba.

Une politique d’étiquetage opaque

Twitter a entrepris dès août 2020 d’apposer cette mention « affilié au gouvernement » dès lors que le réseau estime — sans avoir à rendre de compte ou fournir de preuves — que l’Etat concerné « exerce un contrôle sur le contenu éditorial », la retenant pour RT ou le média chinois CCTV, mais ne l’accolant pas aux comptes de médias publics tels que France 24 ou encore la BBC. Twitter avait assumé, en présentant sa politique en la matière, de limiter la portée de médias ainsi labellisés par rapport à tous les autres comptes. La mention avait même été accolée à des médias, comme le mensuel français Ruptures, sans raison apparente.

Dans la foulée du déclenchement de l’offensive russe en Ukraine fin février et de la décision de l’Union européenne d’interdire la diffusion de RT France début mars 2022, la plateforme avait décidé d’accoler la mention « média affilié à la Russie » à une série de comptes personnels des journalistes du média. La décision avait été vigoureusement dénoncée comme « un fichage et un affichage » synonymes d’une « stigmatisation particulièrement grave » par un communiqué intersyndical.

De surcroît, la labellisation avait été aussi « décernée » à d’anciens salariés, sans que ceux-ci puissent obtenir des explications ou déposer un recours auprès de Twitter. Un ancien reporter de RT France, Jonathan Moadab, qui avait été signalé par Twitter, avait rapporté le 3 mars avoir toutefois obtenu l’effacement de cette mention, après une intervention du secrétaire d’Etat au Numérique d’alors, Cédric O, auprès du réseau social.

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