décembre 1, 2023

Tunisie 🇹🇳 : après ses propos racistes, Kais Saied recule et annonce une série de mesures

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La Tunisie a annoncĂ© dimanche des mesures en faveur des Ă©tudiants et migrants originaires d’Afrique subsaharienne après des agressions et des manifestations d’hostilité à leur encontre suscitĂ©es par un discours virulent du prĂ©sident Kais Saied dĂ©nonçant l’immigration clandestine. La prĂ©sidence de la RĂ©publique, le gouvernement et le ministère des Affaires Ă©trangères ont annoncĂ© des «mesures pour amĂ©liorer la situation des Ă©trangers en Tunisie et faciliter les procĂ©dures» de rĂ©gularisation de leur situation.

Ils ont en premier lieu dĂ©cidĂ© «de dĂ©livrer des cartes de sĂ©jour d’un an aux Ă©tudiants ressortissants de pays frères africains pour faciliter leur sĂ©jour et leur permettre de renouveler pĂ©riodiquement leurs documents». En outre, les autoritĂ©s ont dĂ©cidĂ© de «prolonger les attestations de rĂ©sidence de trois Ă  six mois», pour des personnes venant de nombreux pays subsahariens comme la CĂ´te d’Ivoire qui bĂ©nĂ©ficient d’une exemption de visa de trois mois Ă  l’entrĂ©e en Tunisie.

La Tunisie souhaite aussi «faciliter les opĂ©rations de retour volontaire dans un cadre organisĂ© et en coordination avec leurs missions diplomatiques». Ces candidats au retour volontaire seront «exemptĂ©s» des pĂ©nalitĂ©s s’Ă©levant Ă  80 dinars par mois (25 euros), dĂ©passant pour certains les 1.000 euros. Les autoritĂ©s ont promis aussi de renforcer l’accompagnement et l’assistance sanitaire et sociale aux migrants par l’intermĂ©diaire du Croissant-Rouge, tout en cherchant Ă  «lutter contre toutes les formes de traite humaine et l’exploitation des migrants irrĂ©guliers» Ă  travers une intensification des contrĂ´les.

Un numĂ©ro vert pour les «rĂ©sidents des pays frères africains» a Ă©tĂ© crĂ©Ă© pour «signaler toute violation Ă  leur encontre». Après cinquante GuinĂ©ens mercredi, environ 300 Ivoiriens et Maliens ont Ă©tĂ© rapatriĂ©s samedi pour Ă©chapper Ă  ce que plusieurs tĂ©moins ont dĂ©crit comme «un dĂ©ferlement de haine» depuis des dĂ©clarations du prĂ©sident tunisien. Le 21 fĂ©vrier, Kais Saied a affirmĂ© que la prĂ©sence de «hordes» d’immigrĂ©s clandestins provenant d’Afrique subsaharienne Ă©tait source de «violence et de crimes» et relevait d’une «entreprise criminelle» visant Ă  «changer la composition dĂ©mographique» du pays.

Après ce discours, condamnĂ© par des ONG comme «raciste et haineux», des ressortissants d’Afrique subsaharienne ont fait Ă©tat d’une recrudescence d’agressions les visant et se sont prĂ©cipitĂ©s par dizaines Ă  leurs ambassades pour ĂŞtre rapatriĂ©s. Quelque 21.000 Subsahariens sont recensĂ©s officiellement en Tunisie, pour la plupart en situation irrĂ©gulière. Des dizaines ont Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©es lors de contrĂ´les policiers au faciès. De nombreuses agressions physiques ont Ă©tĂ© recensĂ©es et des migrants ont tĂ©moignĂ© auprès d’ONG avoir Ă©tĂ© pourchassĂ©s et dĂ©troussĂ©s par de vĂ©ritables «milices».

 

Source: AFP

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