février 26, 2024

Niger 🇳🇪 : l’ambassadeur de France à Niamey est « pris en otage », selon Macron

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Le président de la République a indiqué vendredi que l’ambassadeur de France au Niger, Sylvain Itté, était « pris en otage » et contraint à se nourrir de « rations militaires ».

Il ne se nourrirait plus que des « rations militaires ». L’ambassadeur de France au Niger, dont la junte au pouvoir demande l’expulsion depuis plusieurs semaines, est « pris en otage », affirme Emmanuel Macron.

Les militaires, qui ont renversé le président Mohamed Bazoum et pris le pouvoir le 26 juillet, avaient ordonné fin août l’expulsion de l’ambassadeur de France, après le refus de Paris de se conformer à un ultimatum exigeant son départ. La France continue depuis de s’opposer à ce départ, arguant que ce gouvernement n’avait aucune autorité pour fonder une telle requête.

Au Niger, au moment où je vous parle, nous avons un ambassadeur et des membres diplomatiques qui sont pris en otage littéralement à l’ambassade de France », a déclaré le chef de l’État lors d’un déplacement à Semur-en-Auxois (Côte-d’Or). « On empêche de livrer la nourriture. Il mange avec des rations militaires », a-t-il ajouté, dans une allusion aux militaires qui ont renversé le président Mohamed Bazoum et pris le pouvoir le 26 juillet.

« Rien de très nouveau »

L’ambassadeur Sylvain Itté n’a « plus la possibilité de sortir, il est persona non grata et on refuse qu’il puisse s’alimenter », a martelé Emmanuel Macron. Interrogé sur un éventuel rapatriement de l’ambassadeur à Paris, le chef de l’État a réitéré : « Je ferai ce que nous conviendrons avec le président Bazoum parce que c’est lui l’autorité légitime et je lui parle chaque jour ».

« Depuis le 28 août, l’ambassadeur est coincé dans son ambassade », a déclaré au Parisien une source diplomatique, précisant que Sylvain Itté n’était pas « pris en otage » mais « otage de son ambassade ». « S’il sort, il sera arrêté », a-t-elle ajouté. « Il n’y a rien de très nouveau », a ainsi indiqué cette source, même si « la situation s’est dégradée au fur et à mesure » : « avant les personnels mangeaient ce qu’il y avait dans le frigo, maintenant ce sont des rations militaires », a-t-elle expliqué, estimant que cela n’avait « rien de bien extraordinaire ». On ignore combien de personnes sont concernées par cette « assignation » tacite à résidence, la France ne communiquant pas sur le nombre de personnes présentes dans son ambassade.

De son côté, le Quai d’Orsay s’est contenté d’indiquer au Parisien que « l’ambassadeur est au travail à l’ambassade », et qu’il n’y avait « pas de nouveauté sur ce point ».

Le 10 septembre, Emmanuel Macron avait souligné qu’un éventuel redéploiement des forces françaises stationnées au Niger ne serait décidé qu’à la demande du président Bazoum. Le nouveau pouvoir en place a dénoncé les accords de coopération militaire avec la France et mise sur « un départ rapide » des quelque 1 500 militaires français présents dans le pays.

Emmanuel Macron a par ailleurs confirmé que la France « continuera d’accueillir, évidemment » des artistes venus du Sahel alors que des voix se sont élevées dans le monde de la culture contre une directive de l’administration demandant la suspension de toute collaboration avec des artistes du Niger, du Mali et du Burkina Faso.

Il a toutefois concédé que pour les artistes nigériens n’ayant pas encore leur visa, la situation s’annonçait compliquée car l’accès aux services consulaires français n’est plus possible. « C’est pas qu’on l’interdit, c’est qu’on ne peut pas la donner (la possibilité d’accéder à l’ambassade, NDLR) à cause des putschistes et pour des raisons de sécurité », a affirmé le président.

 

Source : Le Parisienn

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